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RFI - Aujourd'hui l'économie

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Podcast RFI - Aujourd'hui l'économie
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  • Les banques centrales sur le pont face à l’inflation
    Aux Etats-Unis le retour de l’inflation a été confirmé par le dernier chiffre publié hier mercredi : en décembre 2021, la hausse des prix a atteint 7% en rythme annuel. Du jamais vu depuis quarante ans. Les banques centrales sont mobilisées pour mater cette flambée. Une action qui n’est pas sans risque.  C’est le rôle de la banque centrale, plus exactement de la Réserve fédérale américaine (Fed), puisque l’inflation est surtout pour le moment un phénomène américain. Les prix flambent aussi au Royaume-Uni et la Banque d’Angleterre a déjà dégainé en relevant légèrement les taux d’intérêt. Mais vu l’importance de l’économie américaine et du dollar dans les échanges mondiaux, c’est surtout l’action de la Fed qui sera suivie de près. Son remède, la hausse des taux : c’est l’arme fatale face à l’inflation. Une arme qui peut aussi être létale, puisque en augmentant le loyer de l’argent, on ralentit l’activité économique. Une banque centrale qui s’empresse de jouer au pompier pour mater la hausse des prix peut se retrouver dans la position du pyromane qui détruit l’économie et qui plonge ainsi le pays dans la récession.    L’un des gouverneurs de la Fed pense qu’elle pourrait recourir à quatre hausse des taux en 2022  La Fed communique beaucoup pour préparer les investisseurs et éviter la panique, d’ailleurs cela marche plutôt bien, puisque le chiffre publié mercredi a laissé les marchés indifférents. Ils avaient en tête les annonces précédentes de Jay Powell, le gouverneur de la Fed. Ce qui va compliquer la tâche du premier argentier du monde, c’est l’attitude de ses collègues, qui ont pour habitude de suivre tôt ou tard la voie tracée à Washington. Mais pour le moment leurs intérêts sont divergents.  En Europe, la BCE n’envisage pas de relever les taux  Elle affirme que la hausse des prix va rester contenue. Et si elle ne se presse pas de relever des taux, ce qui pourrait couper l’élan de la reprise, c’est aussi parce que certains Etats membres de la zone euro pourraient en souffrir. Il faut à tout prix éviter le retour de la crise de la dette ; elle pourrait resurgir si les taux remontent trop vite et asphyxient les maillons faibles. L’Italie, l’un des pays les plus endettés de la zone euro, sera le baromètre de l’année 2022 confrontée à l’inflation. Enfin il y a un autre acteur de poids qui est à contre-courant et c’est inhabituel, c’est la Banque populaire de Chine. Elle aussi suit traditionnellement la voie tracée par la Fed, mais cette fois c’est différent. Avec le feuilleton de la faillite d’Evergrande le géant de l’immobilier, elle redoute la contamination à l’économie et se garde bien de freiner la machine, bien au contraire, elle va soutenir l’économie chinoise en injectant des liquidités.  Il y a donc de quoi nourrir encore la spéculation sur les marchés  Tout à fait : l’argent continue à être bon marché dans des grandes régions du monde. C’est bon pour la bourse. Et cela profite aussi aux cryptomonnaies. Ces nouveaux actifs hyper spéculatifs ont certes pris un coup de massue en début d’année avec le retour de la flambée des prix. Mais elles sont aussi devenues des boucliers anti-inflation, surtout dans les pays émergents, où les ménages, les entreprises désemparées par la hausse des prix et la baisse de leur monnaie investissent une partie de leur épargne en bitcoin ou en ses avatars. Les Turcs par exemple privilégient le tether parce qu’il est adossé au dollar.
    1/13/2022
    3:48
  • Le Forum économique mondial publie son Global Risk Report 2022
    L’étude est réalisée tous les ans à la veille du Forum économique de Davos, annulé cette année pour cause du variant Omicron. Le Forum économique mondial (WEF, World Economic Forum) publie cependant son rapport 2022 sur les risques globaux. Le risque climatique est au cœur des préoccupations cette année encore mais pas que … la santé mentale fait son entrée dans le TOP 10. Le climat figure toujours parmi les premières préoccupations déclarées des dirigeants d'entreprises, à court, moyen et long terme. Pour les années à venir, les cinq premiers risques qu'ils pointent sont tous liés aux conséquences du changement climatique. Les événements climatiques extrêmes qui se retrouvent encore à la tête de ce classement font désormais partie de notre quotidien. Et devant tout cela, figure un autre risque, celui de ne rien faire... L'inaction climatique s'affiche à nouveau comme le risque au plus fort impact, à moyen comme à long terme par les dirigeants sondés.  Dans cette étude menée avant le dernier sommet climat à Glasgow, les sondés sont partagés sur les efforts pour freiner le réchauffement planétaire. Quelque 77% d'entre eux estiment qu'ils ne sont pas suffisants. On a pu constater que de nombreux Etat, pour relancer leur économie, ces derniers mois, ont favorisé les énergies carbonées quand d'autres accéléraient leur transition. Les écarts se creusent entre les Etats. Les défis planétaires, outre la préservation de l'environnement, ne manquent pas et réclament pourtant la coopération. La régulation de l'espace, la lutte contre les cybermenaces qui ont grossi avec l'usage intensif des réseaux pendant la pandémie... Autant de thématiques que les sondés estiment pas assez prises en compte par les Etats. Il faut dire que certains consacrent leurs ressources actuelles à tenter de fournir à grand peine l'accès aux produits de base et aux services essentiels pour la population. Des services comme la santé, menacée elle aussi, disent les dirigeants interrogés Oui, si la santé de la planète inquiète les puissants de ce monde, il semblerait que la santé de leurs congénères ait aussi fait irruption parmi leurs préoccupations. Il y a le Covid bien sûr et l'inégalité d'accès aux vaccins mais aussi tous les effets collatéraux. Ces malades qui n'ont plus accès aux hôpitaux pour le suivi de leur pathologies, en particulier les cancers et les diabètes. Ou encore la détérioration de la santé mentale. On estime que depuis le début de la pandémie, plus de 50 millions de personnes en plus sont atteintes de dépression grave. Pour les entreprises, cela constitue un défi pour la productivité des employés mais pour les Etats, l'équation est encore plus complexe. Parce que leurs finances sont mises sous pression depuis le début de la crise sanitaire Voilà un risque à court et moyen terme estiment les sondés. La nécessité de gérer la pandémie a obligé un grand nombre d'Etat à emprunter énormément sur les marchés. En moyenne, les dettes publiques dans le monde ont atteint 97% du PIB en 2020. Comme les économies pourraient ne pas redécoller de sitôt, le risque d'une explosion des dettes souveraines va conditionner la capacité d'action des Etats. Du moins ceux qui pourront encore s'endetter. On estime que 51 millions de personnes en plus risquent de tomber dans l'extrême pauvreté. Les sondés craignent les « fractures sociales » qui pourraient découler de toutes les transitions (technologique, climatique ou autres) qui sont à mener avec des ressources limitées et dans un climat de tensions exacerbées à l'intérieur des sociétés comme entre les Etats. En bref Le groupe français Vallourec écope d'une amende au Brésil pour « dégâts environnementaux ». Le groupe spécialiste des tubes en acier pour l'industrie pétrolière devra payer l'équivalent de 45 millions d'euros à l'Etat de Minas Gerais dans le sud -est du Brésil, région où il y a trois ans, la rupture d'un barrage minier avait fait 270 morts et dévasté l'environnement. Samedi dernier, c'est une digue de contention des sédiments qui a débordé. Vallourec qui analyse la notification de l'amende assure ne pas ménager ses efforts pour limiter les perturbations. Pour l'heure, tous les exploitants de mines de la région ont été sommés de fournir des données détaillées sur la stabilité de leurs barrages.
    1/12/2022
    3:39
  • Mali: l'impact des sanctions économiques de la Cédéao
    Le Mali est encore sous le choc après les sanctions économiques annoncées, dimanche 9 janvier, par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour faire plier la junte au pouvoir. Elles interviennent dans un pays où l’activité était déjà au ralenti. Fermer les frontières d’un pays exsangue enclavé et si dépendant de l’aide extérieure pénalisera l’ensemble de la population. Pour joindre les deux bouts, les ménages comptent sur les transferts de la diaspora. Et l’État sur la Banque mondiale. C’est le premier donateur du Mali, car elle fournit, bon an mal an, une aide représentant le quart du budget de l’État. En coupant les circuits physiques et financiers, l’argent, le sang de l’économie, pourrait finir par manquer. Une hypothèse à prendre au sérieux d’après les économistes, qui pourrait se concrétiser d'ici à quelques semaines. Cette perspective est une calamité pour le Mali, mais ce n’est pas LA cause de ses déboires économiques. C’est d’abord l’instabilité politique qui a nourri la crise économique Le coup d’État de mai 2021, après celui de 2020, a fortement contribué à la récession de 2021. Le contexte sanitaire mondial a fait le reste. La pandémie et ses conséquences, les difficultés d’approvisionnement, la flambée des prix, ont aggravé la crise économique. Plus d’une entreprise malienne sur dix a mis la clé sous la porte l’an dernier. Cette crise économique s’est doublée d’une crise alimentaire. Les agriculteurs n’ont pas semé à la hauteur de leurs besoins. Pour plein de raisons. Parce qu’ils n’ont pas pu acheter les intrants, faute de moyens, ou parce qu’ils étaient bloqués dans les ports par la congestion du transport maritime. Et à cause de l’insécurité. C’est devenu trop dangereux d’aller au champ pour cultiver ou au marché pour vendre sa production. Enfin, certains ont été frappés par le Covid. Aujourd’hui, 1,3 million de Maliens sont en situation d’urgence alimentaire, et 4 millions de façon intermittente. La fermeture des frontières va-t-elle aggraver la situation ? Le Mali important 70% de ses besoins alimentaires, c'est un risque réel pour son approvisionnement, mais les produits de première nécessité étant exclus du régime des sanctions, les denrées alimentaires devraient continuer à arriver. À condition que les échanges physiques puissent avoir lieu. C’est une question cruciale pour l’alimentation, mais aussi pour le commerce de l'or et du coton. Les deux matières premières que le Mali exporte en abondance. En 2020, le Mali a exporté pour 4,5 milliards de dollars de métal précieux, cette ressource représente 10% du PIB. Les sociétés minières déclarent que la production n'est pas affectée pour le moment. C'est ce qu'affirme le Canadien Barrick Gold qui exploite la plus grande mine du pays. Même discours chez Hummingbird Resources, une société basée au Royaume-Uni, pourtant son action a fortement chuté hier, -10% à Londres, en raison de son exposition en Afrique de l'Ouest. Le Mali et la Guinée sont les deux pays où la société est présente. Les conséquences néfastes pour l'or comme pour l'ensemble du commerce extérieur se feront sentir si les sanctions s’inscrivent dans la durée, ce qui n’est pas l’objectif de la Cédéao. Elle veut d’abord ramener la junte militaire à organiser rapidement une transition vers le retour du pouvoir civil. ► En bref En Chine, le promoteur Evergrande, aujourd'hui en faillite, déménage pour réduire ses coûts Selon un communiqué publié il y a quelques heures, Evergrande a renoncé, en décembre, à son siège de prestige dans le quartier d'affaires de Shenzen. Pour se replier dans l'une de ses propriétés de la ville. C'est devant le siège de la société que les propriétaires lésés ont bruyamment manifesté en septembre dernier. Le promoteur a obtenu un nouveau délai jusqu'à jeudi pour rembourser une échéance de 700 millions de dollars.
    1/11/2022
    3:22
  • Activité économique: les perspectives les plus floues depuis le début de la pandémie
    Si 2021 a pu laisser penser un moment que la page du Covid-19 pourrait être tournée avec un fort rebond de l'activité économique en plusieurs endroits du monde, le variant Omicron a refroidi les ardeurs en fin d'année. 2022 s'ouvre avec dans son sillage, le lot des incertitudes accumulées en 2021. À commencer par l'évolution de la situation sanitaire et les mesures de restrictions qui risquent toujours de devoir s'imposer. Après la folle année 2020 marquée par la récession, 2021 a été celle d'une reprise économique bridée par les variants Delta puis Omicron. Perturbations massives des chaînes d'approvisionnement, fortes tensions sur l'offre : des matières premières ou des biens intermédiaires sont devenus trop rares.  Conséquence, partout dans le monde, on a atteint des niveaux d'inflation jamais vus depuis des années. Comme aux États-Unis, où, à plus de 6%, son niveau préoccupe la Banque centrale. La FED a prévenu qu'elle se tenait prête à la maîtriser en augmentant ses taux directeurs dès l'été prochain s'il le fallait. Elle entend par là-même calmer le jeu après les envolées records des marchés boursiers cette année.  Du côté de la zone euro, la Banque centrale elle prévoit de rester accommodante pour soutenir la croissance En plus d'Omicron qui a pointé le bout de son nez, la reprise économique perçue en 2021 s'essouffle. Les pays européens pourront profiter de l'ambitieux programme de soutien économique de l'UE. Et la Banque centrale européenne ne semble pas près de relever les taux directeurs aussi tôt que son homologue américaine. La France, s'attend à un début d'année difficile avec la diffusion rapide d'Omicron, mais le ministère de l'Économie prévoit une croissance de 4% pour cette année, en tablant notamment sur le contrôle de la pandémie et la vaccination généralisée. L'année 2022 en France pourrait aussi être celle des augmentations de salaire, comme aux États-Unis où les emplois qui ne trouvent pas preneur sont légion. Dans l'hôtellerie restauration par exemple, ces hausses pourraient atteindre +16%. Mais en parallèle, plusieurs hausses des prix sont attendues Et pas seulement en France. L'inflation, qui n'est guère néfaste tant qu'elle est limitée, semble, là, pour durer. Selon la recrudescence de l'épidémie, elle peut s'accentuer ou refluer. 2021 a vu les prix de l'énergie et des matières premières s'envoler. Entre mauvaises récoltes et coûts des transports, cela se répercute sur des produits de base comme le café, les huiles ou les viandes. Les pâtes, elles devraient augmenter en France de 7% par exemple. Idem pour les vêtements à cause de la cherté du coton, ou encore l'électroménager et les voitures du fait de la pénurie de semi-conducteurs. Sans oublier l'explosion des prix du gaz. Si en France, l'État est intervenu pour en limiter les effets sur la population, ce n'est pas le cas dans les pays les plus vulnérables économiquement où ces hausses de prix se feront cruellement sentir. La Chine va célébrer son nouvel an dans trois semaines, sous le signe du Tigre Et c'est aussi sous le signe d'une croissance fragilisée. Par Omicron, d'abord. Ou plutôt par la stratégie zéro Covid-19 maintenue par les autorités afin d'empêcher toute résurgence de l'épidémie. Dans ce contexte, la consommation des ménages, elle, promet de rester atone, alors que dans le même temps, le gouvernement poursuit le soutien à l'économie. Reste à savoir si en 2022, il y aura moins d'usines qui ferment en Asie sous l'effet du Covid-19, comme on a pu le déplorer plusieurs fois en 2021. Dans le cas contraire, les problèmes d'approvisionnement resteront une réalité en 2022. Enfin, il ne faut pas oublier les incertitudes géopolitiques qui par définition rendent aussi 2022 imprévisible : les tensions autour de Taïwan et celles qui entourent l'Ukraine avec leurs effets sur l'approvisionnement en gaz. Conséquence des pénuries, le Sri Lanka demande le rééchelonnement de sa dette envers la Chine À court d'argent et pris à la gorge par la hausse du prix du pétrole qui lui permet de faire tourner ses générateurs, le pays a épuisé ses réserves de change. Il a dû rationner les biens alimentaires dans les supermarchés et l'électricité. D'où cet appel désespéré à Pékin son premier bailleur bilatéral qui lui aurait prêté au moins 25 milliards de dollars depuis 2015. Le Sri Lanka, à court d'argent, a demandé un rééchelonnement de son énorme dette financière vis-à-vis de la Chine à l'occasion de discussions dimanche avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, a annoncé la présidence du pays. L'économie de l'île, très dépendante du tourisme, a été durement frappée par la pandémie de Covid-19 et l'épuisement de ses réserves de change a entraîné un rationnement alimentaire dans les supermarchés et des pénuries de produits essentiels. La Chine est le plus grand prêteur bilatéral du Sri Lanka et la visite de M. Wang intervient après un avertissement des agences de notation internationales selon lesquelles le gouvernement du président Gotabaya Rajapaksa pourrait être au bord du défaut de paiement. « Le président a souligné que ce serait un grand soulagement si les paiements de la dette pouvaient être rééchelonnés compte tenu de la crise économique qui a suivi la pandémie », a déclaré le bureau de M. Rajapaksa dans un communiqué. Pour l'heure, l'ambassade de Chine à Colombo n'a fait aucun commentaire concernant cette requête. Les réserves de change du Sri Lanka sont tombées à seulement 1,5 milliard de dollars à la fin du mois de novembre, soit à peine de quoi payer un mois d'importations. Vendredi, le principal fournisseur d'énergie de l'île a commencé à rationner l'électricité après s'être retrouvé à court de devises étrangères pour importer du pétrole pour ses générateurs thermiques. Les engagements envers la Chine représentaient jusqu'en avril 2021 environ 10% de la dette extérieure du Sri Lanka, qui pèse 35 milliards de dollars, selon les données du gouvernement. Le montant total de la dette pourrait toutefois être nettement plus élevé, une fois pris en compte les prêts chinois accordés aux entreprises publiques sri-lankaises et à la banque centrale du pays. Le Sri Lanka a emprunté massivement à la Chine au cours de la décennie qui a précédé 2015 - sous la présidence du frère aîné de M. Rajapaksa, Mahinda - pour construire des projets d'infrastructures ambitieux, dont certains se sont transformés en "éléphants blancs", c'est-à-dire des projets qui se sont révélés in fine plus coûteux que bénéfiques et dont l'exploitation ou l'entretien est devenu un fardeau financier. Incapable de rembourser un prêt de 1,4 milliard de dollars pour la construction d'un port dans le sud de l'île, Colombo s'est vu contraint de louer en 2017 l'installation à une société chinoise pour... 99 ans.
    1/10/2022
    3:54
  • Pour l'Union européenne, le nucléaire et le gaz ont un rôle à jouer dans la transition énergétique
    La décision a suscité sans surprise une levée de bouclier la semaine dernière. La Commission européenne a donc fait une place au nucléaire et au gaz dans sa « taxonomie verte ». Un jargon européen pour désigner la liste des activités éligibles aux nouveaux investissements verts européens. Les écologistes déplorent un signal très malvenu de la part du continent qui se voulait exemplaire dans la lutte contre le changement climatique. Les entreprises du nucléaire, à commencer par le géant français EDF, trépignent... En intégrant, le 31 décembre, juste avant la soirée du réveillon, le nucléaire à sa taxonomie verte aux côtés des énergies éolienne et solaire, la Commission décrétait que cette technologie avait bien un rôle à jouer dans la transition énergétique. La « taxonomie verte », dans le jargon de l'UE, c'est un guide pour les investisseurs afin de les aiguiller vers les activités qui contribuent aux objectifs européens de neutralité climatique. C'est un pilier du plan climat de l'UE pour favoriser la finance durable. Ces jours-ci, alors que les centrales françaises sont en partie hors-service pour cause de maintenance, le patron d'EDF a appelé à lancer la construction des réacteurs de nouvelle génération. Un processus long, complexe et coûteux. Quoi de mieux pour ce faire que de bénéficier des financements de l'Union européenne via son plan de relance de 750 milliards d'euros. En réalité, rien n'est encore fait, mais les résistances ne manquent pas Dans une bataille qui a duré des mois pour faire accepter le nucléaire dans la taxonomie (non sans exiger de garanties techniques sur les solutions d'enfouissement notamment...) la France était en pointe. Elle a des arguments : elle prend en ce début d'année la présidence tournante du Conseil européen. Paris veut sauver sa filière nucléaire et garantir son indépendance énergétique. Et pour cela, elle a agrégé le soutien tacite d'une dizaine de pays favorables au gaz comme source d'énergie de transition pour soutenir leurs revendications respectives. La Pologne, la Hongrie notamment. Mais si cette alliance de circonstance a fini par peser, elle a aussi contribué à durcir la position des tenants des énergies renouvelables, comme l'Espagne... L'Autriche menace, elle, de saisir la justice contre la décision de la Commission.  Quant à l'Allemagne, son équipe dirigeante est plutôt tiraillée... Tiraillée entre ceux qui rejettent le nucléaire et le gaz, et ceux qui sont soulagés de voir le gaz conforté comme énergie de transition. L'Allemagne incarne sans doute le mieux cette dépendance européenne au gaz dont on voit aujourd'hui les conséquences au niveau géopolitique dans son bras de fer avec la Russie. En 2020, 39% des bâtiments construits étaient équipés pour être chauffés au gaz. Bien qu'émetteur de dioxyde de carbone, le gaz naturel est une énergie modulable, qui peut servir de transition vers une économie bas carbone en attendant que les alternatives renouvelables se déploient pleinement. Voilà donc les nouvelles clauses proposées par la Commission européenne. Pour le camp des écologistes, à commencer par ceux qui sont au gouvernement, on avale son chapeau.  Est-ce que tout ça ne risque pas de brouiller l'image d'une Europe pionnière en matière d'ambitions climatiques ? C'est un risque, d'après plusieurs organisations environnementales compte tenu des aléas qui entourent le nucléaire et l'impact du gaz sur l'environnement. L'Europe ambitionne depuis 2019 et son Pacte vert de devenir le premier continent neutre en carbone en 2050. Son exemple est scruté et doit servir de référence internationale. Aujourd'hui, Bruxelles donne au gaz naturel d'une part et au nucléaire d'autre part, un rôle dans la transition énergétique afin de satisfaire les uns et les autres. Pour des considérations politiques donc. Le danger, selon les organisations comme le Réseau action climat, c'est que le gaz et le nucléaire attirent une part des investissements publics et privés qui seraient allés autrement aux énergies renouvelables, type éoliennes et solaires par exemple.
    1/6/2022
    4:01

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