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Le 25 août 1944, Paris se relève.
Le vendredi 25 août 1944, Paris est libre. Après 1526 jours d'occupation, la capitale de la France se libère elle-même avec l'aide des alliés.
Mais cette journée n'est pas tombée du ciel. Elle est le point d'orgue d'un soulèvement populaire, d'un rapport de forces militaires et d'un enjeu politique majeur. Tout commence six jours avant, quand la résistance parisienne, force française de l'intérieur, les FFI, les communistes, les gaullistes, les policiers en civil, se soulèvent contre l'occupant.
Des barricades sont dressées, des combats de rues éclatent, la préfecture de police est reprise, le métro est saboté, Paris veut se libérer avant que les alliés n'arrivent pour éviter l'humiliation de la passivité. Depuis Berlin, Hitler donne l'ordre de raser la ville. Le général von Choltitz, gouverneur militaire allemand de la ville, refuse d'obéir.
Il sait que la guerre est perdue et que détruire Paris ne changerait rien. Le 24 août, en fin de journée, les premiers blindés de la 2e division du général Leclerc entrent dans la ville par le sud. Les cloches se remettent à sonner, les Parisiens sortent, acclamant les chars, entourant les combattants.
Mais la bataille continue, la libération de Paris n'est pas une promenade, plus de 1500 morts, dont environ 600 résistants et 130 soldats alliés.
Les combats se poursuivent jusqu'au lendemain. Le 25 août, vers 15h30, dans la gare Montparnasse, le général von Choltitz signe l'acte de reddition.
À 20h, le général de Gaulle entre dans Paris et se rend à l'hôtel de ville. Il lance une phrase qui résonne encore aujourd'hui. "Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré, libéré par lui-même...", etc.
La foule est en liesse, mais la libération de Paris n'est pas que militaire ou symbolique, elle est politique. De Gaulle, en arrivant en tête, entend affirmer la légitimité de la France libre face aux alliés éclipsé Vichy, empêchée l'administration américaine de gérer la France comme un pays conquis. Et il y parvient.
Grâce à cette victoire, la République reprend ses droits et la France se lève, non comme un pays libéré, mais comme un pays qui s'est libéré lui-même.
Le 25 août 1944, Paris n'est pas seulement libérée, elle devient le cœur battant d'une France debout.
A demain dans TIME SHOT pour une nouvelle Minute Histoire.
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Le 24 août 1572, la nuit où la France saigne.
Ce 24 août 1572 est un jeudi et c'est la Saint-Barthélemy. Depuis quatre heures du matin, à Paris, la cloche de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois sonne.
C'est le signal. En quelques minutes, les rues de la capitale deviennent un piège mortel. Le massacre de la Saint-Barthélemy vient de commencer.
Les premières cibles sont les chefs protestants venus en ombre à Paris pour assister quelques jours plus tôt, souvenez-vous, au mariage entre Henri de Navarre, prince Huguenot, c'est-à-dire protestant, et Marguerite de Valois, sœur du roi de France. Un mariage censé sceller la réconciliation entre catholiques et protestants après des années de guerre civile. Mais la paix est fragile.
Le peuple parisien, massivement catholique, gronde. Les prêcheurs fanatiques enflamment les foules à la cour. Catherine de Médicis, la reine-mère, s'inquiète de l'influence croissante des protestants sur son fils, le roi Charles IX.
Le 22 août, un attentat manque de peu. L'amiral de Colligny, chef militaire et politique du parti Huguenot, est brièvement blessé. Les protestants crient au complot.
Paris devient une poudrière. Dans la nuit du 23 au 24 août, le roi donne son accord. A contre-cœur, mais il donne son accord.
« Il faut éliminer les chefs protestants, dit-on, pour éviter la guerre". Mais ce sera un carnage. Dans les premières heures, Colligny est arraché de son lit, poignardé, défenestré.
Puis la violence se répand, hors de tout contrôle. Les milices, les ligueurs, les artisans, les voisins, Paris se mettent à traquer, à égorger, à jeter les corps dans la Seine. Les maisons protestantes sont marquées d'une croix blanche à la craie, des meurtres faits au nom de Dieu.
Le roi Henri de Navarre et le prince de Condé, eux, sont épargnés de justesse, mais forcés de se convertir au catholicisme. Le massacre, loin de s'arrêter à Paris, se propage dans les jours suivants à Orléans, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Rouen, Meaux, Albi. De bilans impossibles à établir précisément, les historiens avancent des chiffres allant de dix mille à trente mille morts en quelques semaines.
Et les conséquences ? La rupture est totale entre les deux camps. Le massacre ruine l'image de la monarchie française à travers l'Europe, les princes protestants étrangers s'indignent, le pape Grégoire XIII, lui, fait frapper une médaille pour célébrer l'événement. La guerre de religion reprend, plus dure, plus amère encore.
Mais la mémoire de la Saint-Barthélemy, elle, ne s'effacera jamais. Elle devient un traumatisme national, un symbole du fanatisme religieux, de la trahison politique, de l'horreur humaine. Le 24 août 1572, la France a rompu avec elle-même.
Elle a tué ses propres enfants, au nom de Dieu et du pouvoir.
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Le 23 août 1973, à Stockholm, la peur change de camp.
Jeudi 23 août 1973, dix heures du matin. Un homme armé entre dans une banque du centre de Stockholm en Suède, la Kreditbanken.
Il tire plusieurs coups de feu en l'air, blesse légèrement un policier, puis se barricade à l'intérieur avec 4 employés en otage, 3 femmes et 1 homme. Le braqueur s'appelle Jan-Erik Olsson. C'est un repris de justice.
Évadé pendant une permission, il exige la libération d'un codétenu, Clark Olofsson, une figure du banditisme suédois, charismatique, intelligent, presque une star. À la surprise générale, le gouvernement accepte. Olofsson est amené à la banque et rejoint les otages.
Et là, un huis clos de six jours commence, sous l'œil des caméras, des journalistes et de la police qui encerclent les lieux sans oser intervenir. Mais ce qui se passe à l'intérieur de la banque dépasse l'imagination. Peu à peu, les otages sympathisent avec leurs ravisseurs.
Ils les tutoient, plaisantent, partagent des cigarettes, ils commencent à leur faire confiance, refusent de témoigner contre eux et expriment de la peur pour les preneurs d'otages. Ils iront jusqu'à faire obstacle à une tentative d'intervention de la police et à refuser d'être secourus de force. L'un des otages dira plus tard « j'avais pas peur d'eux, j'avais peur de la police ». Le siège prend fin le 28 août sans bain de sang.
Les otages sortent en larmes dans les bras de leurs ravisseurs. C'est ce paradoxe qui trouble les psychiatres. Comment expliquer cette forme d'empathie née de la terreur ? Le criminologue Nils Bejerot propose un terme « Syndrome de Stockholm » pour désigner le mécanisme par lequel une victime s'identifie à son agresseur dans un contexte de survie.
Depuis, le terme a fait le tour du monde. Il s'applique à certaines prises d'otages, mais aussi parfois à des relations de dépendance psychologique extrême. Mais donc, tout commence ce 23 août 1973, dans une banque suédoise, où la peur a changé de visage et où la frontière entre victime et agresseur s'est brouillée dans un face-à-face aussi humain qu'inquiétant.
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22 août 1485, Richard III meurt, les Tudors s'élèvent.
22 août 1485, à l'aube, la brume se lève sur les collines de Bosworth, au cœur du Leicestershire, près de Birmingham, au centre de l'Angleterre. Sur le champ de bataille, deux armées se font face.
D'un côté, le roi Richard III, dernier souverain de la maison d'York. De l'autre, un prétendant encore peu connu, Henry Tudor, héritier lointain de la maison de Lancastre, en exil depuis son enfance. C'est l'une des dernières batailles de la guerre des deux roses, un conflit sanglant qui, depuis trente ans, divise la noblesse anglaise entre les partisans des roses blanches, les York, et des roses rouges, Lancastre.
Richard III aligne environ dix mille hommes, contre à peine cinq mille pour Henry Tudor, fraîchement débarqué du pays de Galles. Mais l'issue ne dépendra pas des chiffres, mais des trahisons, comme souvent. Le combat commence dans la matinée.
Richard, stratège habile, mais impopulaire, tente un coup de force. Il charge directement vers Henry, pensant décapiter l'ennemi d'un seul coup. Un pari audacieux.
Mais au moment crucial, les troupes de Lord Stanley, qui observaient la bataille sans s'engager, choisissent leur camp. Elles attaquent Richard dans le dos, il est encerclé, désarçonné, tué à l'épée dans une mêlée confuse. Selon la légende, son casque serait resté enfoncé sur sa tête, le visage écrasé contre le sol.
Ses derniers mots auraient été « A horse, a horse, my kingdom for a horse », immortalisé plus tard par Shakespeare. Avec sa mort, se termine la dynastie Plantagenêt, commencée trois siècles plus tôt. Henry Tudor devient Henry VII, il fonde la dynastie des Tudors, et épouse une princesse d'York pour sceller la réconciliation.
Le 22 août 1485, l'Angleterre entre dans l'ère moderne, le pouvoir royal se renforce, la noblesse s'affaiblit et un certain équilibre s'installe. Mais Richard III, longtemps dépeint comme un monstre boiteux, inspire encore les passions.
En 2012, ses ossements sont retrouvés sous un parking de Leicester, redonnant chair littéralement à une figure controversée.
Ce jour-là, à Bosworth, un roi est tombé, une autre légende est née.
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Le 26 août 1789, les droits de l'homme s'écrivent à Versailles.
Le 26 août 1789, dans la salle du manège à Versailles, l'Assemblée nationale constituante adopte un texte bref, clair et d'une portée immense, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. En 17 articles, tout est bouleversé, l'ancien régime vacille sous les principes d'égalité, de liberté, de souveraineté populaire et de résistance à l'oppression.
Ce jour-là, la Révolution française pose les fondations philosophiques du monde moderne. Mais cette déclaration ne sort pas de nulle part, elle est le fruit d'un moment, et d'hommes bien précis parmi eux, Lafayette, aristocrate converti aux idées libérales après son engagement dans la guerre d'indépendance américaine, il propose un premier projet, inspiré directement d'ailleurs de la Déclaration américaine de 1776.
Et puis l'abbé Sieyès, radical qui pousse à inscrire une base politique nouvelle, sans oublier Jean-Joseph Mounier, un juriste modéré qui cherche l'équilibre entre monarchie et droits fondamentaux.
Les idées de Voltaire, Rousseau, Montesquieu, liberté d'expression, contrat social, séparation des pouvoirs. Il faut rappeler que nous sommes alors dans un moment d'urgence, la Bastille est tombée six semaines plus tôt, le peuple gronde, l'ancien régime s'effondre, l'Assemblée veut fixer une base avant même de définir une constitution. La Déclaration est donc un préambule, un socle, elle proclame que tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit, que la souveraineté réside dans la nation, que nul ne peut être arrêté arbitrairement que la loi et l'expression de la volonté générale.
C'est un texte d'universalisme révolutionnaire à l'époque où l'Europe est encore monarchique, inégalitaire, profondément inégalitaire.
Le 26 août 1789, la France n'adopte pas une loi, elle trace un horizon. Ce texte va inspirer la constitution de 1791 puis celle de 1848, celle de la 4ème et de la 5ème République.
Et il sera repris par l'ONU en 1948 avec comme nom la Déclaration universelle des droits de l'homme. Aujourd'hui encore, ce texte fonde notre droit, notre contrat social, notre idée même de justice.
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