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  • La péninsule de Crimée: le talon d'Achille de Moscou

    27/06/2026
    La défense anti-aérienne russe a abattu 660 drones ukrainiens dans la nuit de jeudi à vendredi 26 juin, a annoncé le ministère de la Défense à Moscou. Un des nombres les plus élevés depuis le début du conflit et en particulier au-dessus de la péninsule de Crimée annexée. Depuis plusieurs mois, les forces ukrainiennes ciblent la péninsule et l’isolent méthodiquement. La Crimée, pièce centrale du dispositif militaire russe, est en passe de devenir le talon d’Achille de Moscou.
    Grâce aux drones d’attaque Hornet de moyenne portée, lestés de charges de 5 kg et résistants aux brouillages, l’armée ukrainienne cible les dépôts de carburant, les radars, les centres de commandement, et fait peser une menace constante sur les voies d'approvisionnement russes.
    Peu à peu, les attaques de drones étranglent la Crimée, un territoire stratégique pour Moscou, insiste Vincent Tourret, chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri) : « La Crimée, c'est le porte-avions sur la mer Noire ! C'est à la fois une base de lancement de frappes, soit par le port de Sébastopol grâce à la marine, soit par ses aérodromes contre le reste de l'Ukraine. Et c'est en fait une immense tour de guet avec énormément de sites radars et un important PC de transmissions également. Donc là, les Ukrainiens, en frappant la Crimée, fragilisent la puissance offensive que les Russes ont à leur disposition pour pousser le front. »
    Au mois de mai, dans le corridor reliant le Donbass à la Crimée, les Ukrainiens ont ainsi détruit 200 camions-citernes. Symbole de l’annexion de la péninsule, le pont de Kertch, véritable cordon ombilical est lui aussi régulièrement visé.
    Le ravitaillement des troupes devient délicat
    Pourtant l’État-major russe poursuit au même rythme ses offensives, avec des attaques quotidiennes par petits groupes dans la zone grise du front.
    Et si les pertes sont énormes, précise Vincent Tourret, le modèle russe ne change pas : « C’est un modèle à base d'infanterie qui s'infiltre progressivement, méthodiquement », des soldats qui agissent comme les pointes avancées du système de reconnaissance et frappes qu'ils ont à la disposition de l’« état-major Russe. Les ressources commencent à baisser depuis le début d'année, le recrutement russe patine, voire décroît et n'est plus capable de complètement compenser les pertes qu'ils subissent justement par leurs assauts d'infanterie. Donc il commence à y avoir un mismatch, un décalage entre les ambitions russes et leurs ressources. Ce qui va d'ailleurs poser des questions très difficiles pour Vladimir Poutine en termes de mobilisation plus générale ».
    L’objectif de Kiev : mettre hors de combat 50 000 soldats par mois
    Environ 30 000 soldats russes sont chaque mois mis hors de combat, un chiffre à peu près équivalent à celui du recrutement. Et grâce à ses drones FPV, l’état-major ukrainien dit vouloir atteindre une attrition de 50 000 soldats par mois. Pour tenter de conserver l’ascendant sur le front, note Vincent Tourret, Moscou mise sur une production toujours plus massive de drones Shahed et de missiles, « La production russe est à même aujourd'hui de soutenir une croissance de sa puissance de feu en Ukraine. Les drones Shahed sont le cas le plus exemplaire parce qu'on est passé quand même d'une centaine de Shahed produits par mois il y a deux ans, à 8 000 Shahed tirés en mai dernier. Et en fait, l’industrie russe arrive à la fois à soutenir cette expansion, à soutenir le rythme de consommation et en même temps, ils ont la capacité de constituer des réserves ».
    Moscou poursuit le rythme de ses attaques, mais jusqu’à quand la logistique de ses armées pourra-t-elle tenir ? Car en Crimée, les drones ukrainiens détruisent chaque jour une trentaine d’installations et une quarantaine de camions.
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  • Le Flamingo ukrainien, star du salon de l'armement Eurosatory

    20/06/2026
    Le missile de croisière Flamingo, de l'entreprise ukrainienne Fire Point, était l'un des incontournables du Salon de l'armement Eurosatory, qui a fermé ses portes vendredi 19 juin. Iryna Terekh, la patronne de Fire Point, qui emploie 6 000 personnes, illustre les immenses ambitions de l'industrie de défense de l'Ukraine. Entretien.
    Une ambiance musicale et des images de frappes de missiles sur grand écran dignes d'un blockbuster sur le stand surdimensionné de Fire point, et bien sûr la maquette à l'échelle 1 du Flamingo, le plus gros missile de croisière au monde : 12 mètres de long peint en rose – comme les ongles d'Iryna Terekh. Sous le bras, la très jeune PDG, perchée sur des stilettos, tient une peluche de flamant rose.
    « Les Flamingo sont des missiles de croisière, mais avec cette image du flamant rose, on fait passer beaucoup de messages. Vous savez, nous n'aurions jamais fait des missiles si notre voisin fou ne nous avait pas attaqué. Nous sommes fondamentalement pacifiques. Et c'est la raison pour laquelle nous avons choisi un oiseau pacifique comme symbole », explique Iryna Terekh.
    « FP pour Fire Point, mais aussi pour F*** Poutine »
    FP, les initiales de Fire Point, c'est aussi pour dire « F*** Poutine » (« On emm*** Poutine »), sourit Iryna Terekh. Une communication à l'emporte-pièce, directe et efficace pour cette architecte de formation de 34 ans, qui a fondée en 2022 cette entreprise devenue emblématique de l'industrie de guerre ukrainienne. Outre le Flamingo, Fire Point produit aussi les drones FP-1 et revendique 60% des frappes ukrainiennes par drones.
    « Nous avons créé cette entreprise avec deux amis sur un coin de table ! Dès le départ, ma mission était de mettre en place la production. Mon objectif était de fabriquer 20 drones FPV par mois et c'était déjà extrêmement ambitieux ! J'avais déjà pas mal d'expérience comme entrepreneure dans le bâtiment, mais produire 20 drones par mois, en 2022, c'était du jamais vu, ça paraissait fou ! Et aujourd'hui, nous livrons près de 300 drones FPV par jour, ce qui prouve que la logique de notre architecture, malgré les attaques répétées, était pertinente et efficace. Nous continuons donc à la développer », poursuit la PDG.
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    Évolutivité et faible coût, la doctrine de l'entreprise
    En peu de temps, l'entreprise a percé dans un secteur de haute technologie. Pour y parvenir, elle a su nouer des partenariats avec des majors françaises, notamment pour le guidage du missile Flamingo. « C'est un produit à 90% ukrainien et 10% vient de l'Ouest. Nous avons bénéficié d'une aide considérable de l'Ouest, avec pour objectif une intégration locale et verticale maximale. C'est ce qui garantit notre indépendance et notre capacité à protéger notre souveraineté sans autorisation. Nous recevons notamment l'aide de la France, une aide précieuse, mais aussi d'autres pays européens. En revanche, nous excluons tout recours à la technologie chinoise et américaine. C'est une façon de redonner au continent européen sa puissance et sa souveraineté technologique », développe Iryna Terekh.
    Sur le papier, le Flamingo peut emporter plus d'une tonne de charge à 3 000 kilomètres et coûte dix fois moins cher qu'un missile occidental. Pour toute l'industrie de défense européenne, l'Ukraine est aujourd'hui incontournable, assure Iryna Terekh. « Nous pensons que le moyen le plus efficace de tester les systèmes d'arme, de les confronter à la guerre moderne, c'est de le faire en Ukraine. Car il est impossible de récréer ailleurs les conditions du front, le brouillage en particulier. Si l'on veut faire évoluer de manière efficace les systèmes de navigations électronique, les centrales inertielles, l'Ukraine est l'endroit idéal. Il n'existe aucun autre terrain d'essai comparable au monde. Et nous sommes le plus forts », martèle la jeune PDG d'un air bravache, le point levé en signe de défi.
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  • Eurosatory 2026: le plus grand salon de l’armement terrestre se prépare à la guerre

    13/06/2026
    Eurosatory ouvre ses portes lundi 15 juin à Villepinte, au nord de Paris. Les drones en particulier donneront le ton du plus grand salon de l’armement terrestre.
    Ce rendez-vous de l’industrie de défense sera le réceptacle des tensions géopolitiques et des conflits en cours, raison pour laquelle Eurosatory fait le plein. Plusieurs milliers d’exposants venus de 65 pays, c’est un record. Certains petits pays, inconnus jusque-là de la sphère défense, auront même cette année leur stand, indique Charles Beaudoin, commissaire du Salon, et c’est le signe d’un réarmement général : « L'Ouzbékistan, par exemple, est un pays qui apparaît dans le spectre. Il ne venait pas sur le salon, sa présence est une première. Donc, on voit bien que le salon est en augmentation permanente. Nous aurons plus de 2 200 exposants. Nous étions déjà le plus grand salon de sécurité-défense au monde, mais là, nous avons ouvert un hall supplémentaire, il est occupé. On sent très bien qu'il y a une préoccupation très forte dans le monde de pouvoir se réarmer de manière à pouvoir faire face éventuellement à des conflits qui semblent s'annoncer. »
    Risque d’un conflit direct entre l’Europe et la Russie, embrasement du Moyen-Orient, les armées viennent chercher sur étagère des solutions clés en main, et deux sujets prédominent : les drones et les missiles. « Eurosatory 26 s'inscrit dans une situation géopolitique compliquée. Les drones et la lutte anti-drones s’imposent avec la nécessité d'aller beaucoup plus loin, beaucoup plus fort et beaucoup plus en nombre pour les armées européennes. Les sujets missiles et antimissiles reviennent aussi, avec la capacité sol/sol à très longue portée. L'Europe n'en est pas dotée aujourd'hui et c'est un sujet qui revient, il y aura des propositions sur le sujet. Qui dit missiles dit antimissiles. Donc, vous verrez des solutions de missiles hypervéloces et d'interception de missiles hypervéloces. Autre sujet, l'espace : c'est une évidence aujourd'hui, la nécessité absolue de disposer de microconstellations à l'instar de Starlink qui a permis à l'armée ukrainienne de résister. »
    À côté des acteurs traditionnels de l’industrie de défense, beaucoup de nouveaux entrants sont attendus. Beaucoup de startups et d’entreprises duales. La « deep tech » a le vent en poupe, exemple avec l’intelligence artificielle qui s’immisce dans tous les systèmes d’armes, pointe Charles Beaudoin : « La deep tech, ce sont ces startups qui aujourd'hui proposent des technologies de rupture. L’intelligence artificielle, le cloud, ce sont des cas concrets dans l'armée ukrainienne et c'est clairement là où il faut aller. Ce que j'appelle le troisième âge de la numérisation, après les systèmes numériques, c'est maintenant l'âge de l'exploitation de la donnée et donc l'âge de l'IA et des clouds. »
    À Eurosatory, quelque 80 sociétés ukrainiennes, contre dix pour l'édition précédente, présenteront leurs drones, systèmes robotisés et missiles de frappe en profondeur, autant de systèmes d’armes éprouvés dans la guerre contre la Russie.
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  • Les hélicoptères en première ligne dans la lutte anti-drones

    06/06/2026
    C’était les 1ᵉʳ et 2 juin derniers sur le champ de tir de Biscarrosse dans les Landes, l’armée de l’air a expérimenté les premiers tirs contre des drones depuis un hélicoptère de manœuvre. La lutte anti-drones offre un nouveau souffle aux hélicoptères militaires. En France, la reconversion des appareils a commencé.
    La guerre au Moyen-Orient a servi de bascule. Dans l’urgence, des hélicoptères français ont été engagés dans la défense des Émirats arabes unis. Des hélicoptères d’attaque Tigre de l’armée de terre, mais aussi des hélicoptères légers Fennec de l’armée de l’air, ont fait mouche à tous les coups contre les drones Shahed iraniens. Alors puisque les hélicoptères sont efficaces, tous les modèles sont désormais reconvertis à la lutte anti-drones. Cette semaine, c’était le tour des hélicoptères Caracal.
    Ces gros hélicoptères habituellement dédiés à la logistique ont été lestés de mitrailleuses de sabord et se sont révélés parfaitement adaptés à cette lutte. Ce fut même plutôt facile, juge le lieutenant-colonel Laurent, en charge des nouvelles capacités pour les hélicoptères à l’état-major de l’armée de l’air : « En réalité, ça n'a pas été si compliqué que ça, puisqu'on dispose déjà d'une très grande variété de savoir-faire, que ce soit au travers de notre contribution à la défense aérienne, mais également de notre engagement quotidien en opérations extérieures, souligne le lieutenant-colonel. Et l'enjeu pour les hélicoptères de l'armée de l'air et de l'espace en particulier a été d'adapter ces capacités de tir qui étaient soit tournées vers de l'appui-feu air-sol en opérations extérieures, soit tournées vers des menaces qui étaient un petit peu différentes, mais malgré tout assez similaires dans le cadre de la défense aérienne. Et l'enjeu a bien été de pouvoir adapter relativement facilement ces capacités-là face aux drones. »
    Pour que les hélicoptères servent de bouclier, il a fallu néanmoins moderniser une partie de la flotte en l’équipant d’une liaison 16, le système d’identification qui équipe tous les avions de combat. « On a vu au Moyen-Orient qu'il y avait énormément d'aéronefs qui étaient en vol dans le même espace aérien. Il y a des aéronefs alliés, mais également des menaces qu'il faut identifier, détruire éventuellement, poursuit le lieutenant-colonel. Et pour ça, il faut éviter à tout prix le tir fratricide. On a fait un très gros effort sur la capacité de liaison 16, pour laquelle nos hélicoptères n'étaient pas équipés jusqu'ici, en particulier l'hélicoptère Fennec que nous avons engagé. En 48 heures, on a été en mesure d'équiper ces hélicoptères de cette nouvelle capacité pour pouvoir les intégrer au mieux dans ce dispositif. »
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    La lutte anti-drones, qui fait quoi ?
    La lutte anti-drones, c’est une défense multicouche, souligne le lieutenant-colonel Laurent : de haut en bas, chacun à sa place : « Ça part déjà au sol d'un dispositif de détection qui, lui, va être en charge de détecter le plus tôt possible la menace lorsqu'elle arrive. Et ensuite, c'est tout un dispositif qui va partir de l'avion de chasse, qui lui vole au loin et a des capacités de détection accrues. Le Reaper sera vraiment entre le Rafale et l'hélicoptère. C'est un élément qui a des caractéristiques qui lui sont propres. En particulier, il a de la persistance parce qu'il est capable de voler longtemps. Il est capable de voler haut, explique le lieutenant-colonel Laurent. Dans le bas du spectre, il y a l'hélicoptère à proximité des côtes, qui, lui, aura des capacités d'identification et une capacité à se rapprocher par son domaine de vol, qui est plus proche du drone. Aujourd'hui, on a mis en place tout un spectre de capacités et on est encore en train de les adapter pour pouvoir être le plus efficace possible. Et l'enjeu, il n'est pas d'avoir un hélicoptère qui soit exclusivement capable de traiter cette menace-là, mais bien de pouvoir utiliser l'ensemble des capacités qu'on a à notre disposition pour pouvoir les traiter. »
    Véritable alternative aux très coûteux missiles sol-air, les hélicoptères prouvent qu’ils n’ont pas dit leur dernier mot, c’est aussi l’une des révélations de la révolution drone.
    À écouter dans DécryptageLes drones dans la guerre du XXIè siècle
  • Loi de programmation militaire: 14 milliards d’euros de plus pour les armées?

    30/05/2026
    Ce mercredi 27 mai 2026, au Sénat, la chambre haute a proposé d’accentuer l’effort budgétaire en faveur des armées en votant en commission une enveloppe de 14 milliards d’euros qui viennent s’additionner aux 36 milliards demandés par le gouvernement dans l’actualisation de la Loi de programmation militaire. Une hausse destinée à gonfler le format des armées.
    Dans un contexte mondial marqué par les crises, les sénateurs veulent donc aller plus loin que l’exécutif. Et l’objectif financier final de la loi de programmation militaire (LPM) devient vertigineux puisqu’avec cette nouvelle hausse, les sénateurs proposent un pic des dépenses militaires de 450 milliards d’euros à la fin de la décennie, soit 2,7 % du PIB.
    Les 450 milliards d’euros, pourquoi faire ?
    Les urgences capacitaires sont nombreuses, pointe le sénateur Cédric Perrin, membre de la commission Défense et des Forces armées. Il faut notamment gonfler le format de la Marine et celui de l'Armée de l'Air, dont les forces sont aujourd'hui très sollicitées : « On a amendé le tableau capacitaire pour répondre en quelque sorte, d'abord, à la demande qu'avait faite à l'époque le ministre des Armées en février 2025, lorsqu'il disait qu'il manquait une trentaine de Rafale, trois frégates et du matériel terrestre. Et donc le tableau annexe a été modifié avec 20 Rafale Air supplémentaires et 10 Rafale Marine, trois frégates. Il y a aussi évidemment des amendements sur l'aérobalistique à 1 000 kilomètres et qui pourraient être utilisés par les trois armes terre, mer et air, avec évidemment des demandes qui sont importantes. »
    « On a des sujets sur les drones navals, sur les drones furtifs également, étant entendu que tout ça ne sera pas forcément livré tout de suite. Il est bien évident que l'idée c'est aussi de cranter des commandes, de cranter des objectifs et de ne pas perdre de temps puisque, à force de repousser aux calendes grecques un certain nombre de commandes, évidemment on perd du temps et on est livré très tardivement. On se bat pour une LPM sincère et surtout une LPM de cohérence avec les menaces auxquelles l'exécutif nous prépare depuis maintenant un certain temps. »
    Un signalement stratégique budgétaire
    À plusieurs reprises, l'état-major des armées a alerté sur un risque de conflit avec la Russie d’ici la fin de la décennie, mais le vote du Sénat ne présente qu’une trajectoire indicative.
    Cela s’apparente à un signalement stratégique budgétaire, pour donner beaucoup plus d’ambition à une loi de programmation militaire jugée insuffisante à l’égard de la menace, insiste Cédric Perrin.
    « Je pense que c'est une question de priorité qu'on doit se donner. Aujourd'hui, on est dans une situation extrêmement complexe où on a envoyé des précurseurs au Groenland. On a ensuite envoyé notre groupe aéronaval à Chypre. On est dans une situation extrêmement complexe dans le détroit d'Ormuz. L'Ukraine étant elle aussi en difficulté, les théâtres d'opérations se multiplient et je crois qu'il faut que nous soyons prêts. Et donc c'est une sorte de priorité qu'on doit se donner aujourd'hui. Pour moi en tous cas, la question de la défense est une priorité absolue. Et puis on a besoin aussi, dans le cadre du débat pour l'élection présidentielle, de débattre de ces sujets. Or, je rappelle quand même que pour toutes les élections présidentielles qui se sont déroulées ces quinze dernières années, il n'y a pas eu de débat sur les questions de défense. Je pense que fondamentalement, aujourd'hui, c'est un sujet qui doit être débattu. Et je pense aussi, fondamentalement, que nous sommes observés par nos adversaires potentiels, les adversaires qui regardent ce que nous faisons et ce que nous votons. »
    Les investissements réels pour les armées sont votés chaque année dans le projet de loi de finances. Le supermarché de 50 milliards d’euros d’ici 2030 souhaité par le Sénat sera donc potentiellement adopté qu’après l’élection présidentielle, mais le débat est ouvert.
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Dans un système globalisé, où les menaces prennent des formes de plus en plus variées, la chronique de Franck Alexandre vous plonge chaque semaine, au cœur des enjeux et des problématiques de défense et de sécurité du XXIème siècle. Les acteurs d’un monde militaire en mutation et les meilleurs observateurs des questions de Défense répondent à Franck Alexandre tous les dimanches matins dans sa chronique.
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