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- Dans l’histoire de Rome, les empereurs avaient une fâcheuse tendance à mourir assassinés, à être renversés ou à conserver le pouvoir jusqu’à leur dernier souffle. Pourtant, en 305 après Jésus-Christ, un homme accomplit un geste presque inimaginable : Dioclétien, l’un des empereurs les plus puissants de l’histoire romaine, décida volontairement d’abandonner son trône. Pourquoi ?
Pour comprendre, il faut revenir en 284, lorsqu’il accède au pouvoir. L’Empire romain traverse alors une crise profonde. Depuis près de cinquante ans, les empereurs se succèdent à un rythme effréné. Les guerres civiles se multiplient, les frontières sont menacées par les invasions et l’économie est fragilisée. Entre 235 et 284, Rome a connu plus de vingt empereurs reconnus, sans compter les nombreux usurpateurs.
Dioclétien comprend que le problème vient notamment de l'immensité de l'Empire. Un seul homme ne peut plus gouverner efficacement un territoire qui s’étend de la Bretagne à l’Égypte.
Il imagine donc une solution révolutionnaire : la tétrarchie, littéralement « le gouvernement des quatre ».
En 293, il partage le pouvoir entre quatre dirigeants : deux empereurs principaux, appelés Augustes, et deux empereurs adjoints, appelés Césars. Chacun administre une partie de l’Empire et commande les armées de sa région. L’objectif est double : mieux défendre les frontières et organiser la succession impériale pour éviter les guerres civiles.
Mais Dioclétien ne s’arrête pas là. Il réorganise les provinces, renforce l’administration, réforme la fiscalité et tente de lutter contre l’inflation. En 301, il publie même un édit fixant des prix maximaux pour des centaines de marchandises et de services. Une mesure ambitieuse, mais largement inefficace.
Son règne possède également une face sombre : en 303, il lance la dernière grande persécution des chrétiens dans l’Empire romain.
Puis survient l’événement extraordinaire.
Le 1er mai 305, après vingt années de règne, Dioclétien abdique. Il convainc également son collègue Maximien de quitter le pouvoir. Les deux Césars deviennent alors Augustes, conformément au système de succession prévu.
Dioclétien se retire dans son immense palais de Split, dans l’actuelle Croatie, où il aurait notamment cultivé des légumes.
Selon une anecdote célèbre, lorsqu’on lui propose de revenir au pouvoir, il répond que ses interlocuteurs changeraient d’avis s’ils voyaient les magnifiques choux qu’il cultive.
L’ironie de l’histoire ? Le système qu’il avait imaginé pour stabiliser Rome ne lui survécut pas longtemps. Dès 306, de nouvelles rivalités éclatent.
Dioclétien avait réussi à quitter volontairement le pouvoir, mais pas à empêcher ses successeurs de se le disputer.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - En 212 avant Jésus-Christ, dans la ville de Syracuse, en Sicile, un vieil homme est absorbé par un problème de géométrie. Autour de lui, pourtant, c’est le chaos. Les soldats romains viennent de pénétrer dans la cité. Mais lui continue tranquillement à tracer des figures sur le sol. Quelques instants plus tard, il est mort, tué par un légionnaire. Cet homme, c’est Archimède, l’un des plus grands savants de l’Antiquité.
Pour comprendre cette scène, il faut revenir au contexte. Rome et Carthage s’affrontent dans la deuxième guerre punique. Syracuse, puissante cité grecque de Sicile, s’est rapprochée de Carthage. Les Romains décident alors de l’assiéger.
Le siège dure environ deux ans, de 214 à 212 avant notre ère. Et Archimède, déjà âgé de plus de 70 ans, joue un rôle essentiel dans la résistance.
Car ce mathématicien est aussi un ingénieur exceptionnel. Il conçoit notamment des machines de guerre capables de lancer d'énormes projectiles sur les assaillants. Certaines inventions permettent même, selon les récits antiques, de soulever ou de déstabiliser les navires romains.
Mais en 212, Syracuse finit par tomber.
C’est à ce moment que se déroule l’épisode devenu légendaire.
Selon l’historien grec Plutarque, qui écrit plusieurs siècles après les faits, Archimède travaille sur une démonstration géométrique lorsqu’un soldat romain surgit devant lui.
Le légionnaire lui ordonne de le suivre auprès du général Marcellus, commandant des forces romaines.
Mais Archimède refuse de partir avant d’avoir terminé son raisonnement. Furieux, le soldat dégaine son épée et le tue.
La tradition lui attribue alors cette célèbre phrase : « Ne dérange pas mes cercles ! »
Mais attention : cette formule exacte n’est pas attestée dans les premiers récits. Et Plutarque rapporte lui-même plusieurs versions de sa mort.
Selon l’une d’elles, Archimède aurait été assassiné parce que des soldats avaient pris ses instruments scientifiques pour des objets précieux.
Ce qui paraît historiquement établi, en revanche, c’est qu’Archimède a bien été tué lors de la prise de Syracuse.
Autre détail frappant : Marcellus aurait été profondément affecté par sa mort. Le général romain admirait le savant et souhaitait, selon la tradition, qu’il soit épargné.
Ainsi s’achève la vie d’un génie qui avait révolutionné les mathématiques, la mécanique et la physique.
Et l’histoire retiendra ce contraste saisissant : un homme si passionné par la connaissance qu’il en aurait oublié la guerre qui faisait rage autour de lui.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - En 1944, sur une petite île du Pacifique, des officiers japonais commettent un crime de guerre particulièrement atroce : ils font exécuter des aviateurs américains, puis consomment certaines parties de leurs corps. Pourquoi ? Par nécessité alimentaire ? Par vengeance ? Ou pour des raisons plus troublantes encore ?
L'histoire se déroule à Chichi-Jima, une île japonaise située à environ 1 000 kilomètres au sud de Tokyo. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle abrite une importante garnison militaire, régulièrement bombardée par l'aviation américaine.
Entre août 1944 et mars 1945, huit aviateurs américains, capturés après la destruction de leurs appareils, sont exécutés par leurs geôliers. Certains sont décapités, d'autres tués à la baïonnette.
Mais l'horreur ne s'arrête pas là. Les enquêtes menées après la guerre établissent que plusieurs cadavres ont été mutilés et que des officiers japonais ont consommé de la chair humaine, notamment des morceaux de cuisse et de foie.
Comment expliquer une telle barbarie ?
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, il ne s'agissait pas simplement de survivre à la famine.
Certes, les forces japonaises du Pacifique souffraient de graves difficultés d'approvisionnement. Mais à Chichi-Jima, le cannibalisme revêtait aussi une dimension symbolique.
Certains officiers pensaient qu'en mangeant le foie de leurs ennemis, ils pourraient s'approprier leur courage et leur force. Le major Sueo Matoba, directement impliqué dans ces atrocités, évoqua notamment l'idée d'acquérir la force d'un tigre.
À cela s'ajoutaient la haine de l'ennemi, le désir de vengeance et une culture militaire particulièrement brutale, dans laquelle la reddition était souvent considérée comme déshonorante.
Ces actes ne représentaient évidemment pas l'ensemble des soldats japonais.
L'affaire comporte également un détail historique stupéfiant.
Le 2 septembre 1944, un jeune pilote américain de vingt ans est abattu au-dessus de Chichi-Jima. Il parvient à sauter en parachute au-dessus de l'océan, puis est secouru par un sous-marin américain.
Son nom ? George Herbert Walker Bush, futur président des États-Unis !
S'il avait été capturé, il aurait probablement subi le même sort que les autres aviateurs.
Après la guerre, les responsables sont jugés à Guam en 1946. Le général Yoshio Tachibana, commandant de la garnison, est condamné à mort et pendu.
Fait juridique étonnant : le cannibalisme n'étant pas explicitement prévu comme infraction autonome dans le droit international de l'époque, les accusations portent notamment sur les meurtres et la privation de sépulture honorable.
L'incident de Chichi-Jima demeure ainsi l'un des épisodes les plus terrifiants et méconnus de la guerre du Pacifique.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Le 22 janvier 1879, dans l’actuelle Afrique du Sud, l’armée britannique subit l’une des défaites les plus humiliantes de son histoire coloniale. À Isandlwana, près de 20 000 guerriers zoulous anéantissent un camp défendu par environ 1 700 hommes. Un désastre d’autant plus stupéfiant que les Britanniques disposent de fusils modernes et de canons, tandis que leurs adversaires combattent principalement avec des lances et des boucliers.
Pour comprendre cette bataille, il faut revenir quelques semaines en arrière. L’Empire britannique cherche alors à étendre sa domination sur l’Afrique australe. Mais le royaume zoulou, dirigé par le roi Cetshwayo, constitue un obstacle. En janvier 1879, les Britanniques envahissent donc son territoire.
Persuadé de sa supériorité militaire, le général britannique Lord Chelmsford commet une première erreur : il installe son camp à Isandlwana sans véritables fortifications. Puis il part rechercher l’armée zouloue avec une partie de ses troupes, laissant le camp dangereusement exposé.
Or, les Zoulous disposent d’une arme redoutable : une tactique militaire appelée les « cornes de buffle ».
Le principe est simple, mais terriblement efficace. L’armée se divise en trois grandes parties. Au centre, la « poitrine » du buffle attaque frontalement pour fixer l’ennemi. Sur les côtés, deux ailes rapides, les « cornes », contournent progressivement ses positions. Leur objectif : refermer l’encerclement et empêcher toute retraite.
C’est précisément ce qui se produit à Isandlwana.
Les Britanniques ouvrent le feu et infligent de lourdes pertes aux assaillants. Mais leurs lignes sont trop étendues. À mesure que les guerriers zoulous progressent sur les flancs, les défenseurs se retrouvent isolés. L’affrontement dégénère en combats rapprochés.
Un détail étonnant mérite d’être mentionné. Selon certains témoignages, les Zoulous avaient reçu pour instruction de viser prioritairement les soldats britanniques, reconnaissables à leurs tuniques rouges. Certains civils vêtus de noir, mais aussi quelques officiers portant des uniformes bleu foncé, auraient ainsi pu échapper plus facilement aux assaillants.
En quelques heures, le camp est détruit. Plus de 1 300 hommes du côté britannique et de ses auxiliaires africains sont tués.
À Londres, la nouvelle provoque un choc immense. Comment une armée considérée comme l’une des plus puissantes du monde a-t-elle pu être écrasée par des guerriers essentiellement équipés d'armes traditionnelles ?
La victoire zouloue démontre qu’une supériorité technologique ne garantit jamais la victoire face à une stratégie efficace.
Mais ce triomphe sera de courte durée. Quelques mois plus tard, les Britanniques remportent la bataille d’Ulundi, précipitant l’effondrement de l’indépendance du royaume zoulou.
Isandlwana reste néanmoins le symbole d’une victoire africaine spectaculaire contre l’expansion impériale britannique.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Cette grève ne s’est déroulée ni dans une usine, ni dans une mine de charbon, mais dans l’Égypte des pharaons, il y a plus de 3 000 ans. En effet, vers 1159 avant notre ère, sous le règne de Ramsès III, des ouvriers décident collectivement de cesser le travail pour une raison étonnamment moderne : leur salaire n’a pas été versé.
L’événement se déroule à Deir el-Médineh, un village situé près de la Vallée des Rois, sur la rive occidentale du Nil. Mais ses habitants ne sont pas des ouvriers ordinaires. Ce sont des artisans hautement qualifiés, chargés de creuser et de décorer les tombeaux des pharaons. Ces sculpteurs, peintres et tailleurs de pierre travaillent directement pour l'État égyptien.
Or à cette époque, leur rémunération ne prend pas la forme de pièces de monnaie. Ils reçoivent principalement des rations de céréales, complétées par d’autres produits nécessaires à leur vie quotidienne.
Mais à la fin du règne de Ramsès III, l’Égypte traverse des difficultés économiques. Les dépenses militaires, les problèmes d’approvisionnement et les dysfonctionnements administratifs fragilisent le royaume.
Les distributions de nourriture prennent du retard. Et pour les ouvriers, la situation devient insupportable.
Alors en novembre, dans la 29e année du règne de Ramsès III, ils prennent une décision exceptionnelle : abandonner leur chantier et manifester.
Ils franchissent ainsi les postes de surveillance et se rassemblent près des temples funéraires. Leur revendication est simple : recevoir les rations qui leur sont dues.
Leur cri est d'ailleurs resté célèbre : « Nous avons faim ! »
Là, face aux responsables venus les convaincre de reprendre le travail, ils refusent de céder. Ils exigent même que leurs plaintes soient transmises directement au pharaon et à son vizir, le plus haut responsable de l’administration.
Et le mouvement porte ses fruits. Les autorités finissent par distribuer des céréales. Mais les problèmes persistent, provoquant de nouveaux arrêts de travail dans les semaines suivantes.
Ce qui rend cette histoire extraordinaire, c’est que nous en possédons un témoignage écrit. En effet, un scribe nommé Amennakht a consigné les événements sur un document aujourd’hui appelé le Papyrus de la Grève, conservé au Musée égyptien de Turin.
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